La Faute à Rousseau - n°101 - mars 2026
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FAR 101-Mars 2026

La nuit

80 pages

La moitié de nos jours sont des nuits… et les écrits de soi en portent les traces. La nuit fonctionne comme un filtre qui fait tout voir de manière différente. « Dieu appela la lumière jour, et il appela les ténèbres nuit », dit la Genèse. L’espace de la nuit nous inspire des sentiments spécifiques, et singulièrement la peur, fréquemment présente.

Car l’image de la nuit peut être « maternelle, réconfortante, douce et chaleureuse, moment du repli, du repos, du sommeil, de la régression en enfance apportée par le sentiment océanique d’une heureuse fusion », écrit Alain Montandon (auteur d’un Dictionnaire littéraire de la Nuit). Mais aussi – mais en même temps – « la nuit, privation de lumière, a-t-elle été dans le passé le moment des peurs et des angoisses, avec leurs fantômes et apparitions que la critique rationnelle s’efforce de chasser, mais aussi l’image de la superstition et de l’obscurantisme. »

Les textes du présent dossier reflètent cette ambivalence. Ils montrent aussi la place que la nuit occupe dans le monde des écrivains, et notamment chez les diaristes, pour qui bien souvent, note Emmanuelle Tabet, « écrire la nuit, « c’est en décrire la splendeur ou les ténèbres, mais aussi laisser l’écriture naître de cette obscurité même. »

Une fois n’est pas coutume, ce dossier se clôt sur un poème et sur… une playlist musicale pour explorer d’une autre manière le royaume de la Nuit.

Référence : ISSN 1168-4704 - FAR 101
Prix : 13,00 €
Disponible : Oui
Editorial

Les Voix de l’APA

On le sait, la lecture et l’écriture, activités individuelles et silencieuses, s’enrichissent du partage de la lecture à voix haute, collective et partagée. L'APA a toujours porté attention à l'oralité : lorsque les "échotiers" (ceux qui rédigent les échos de lecture) lisent un texte, ils notent les pages qui se prêteraient à cet exercice. De nombreuses lectures à voix haute ont eu lieu au fil des ans, par des comédiens ou des bénévoles, lors des événements proposés par l’APA.

Depuis deux saisons, certains textes du fonds (re)prennent vie dans l’Ain. Après le travail de groupe qui a permis la publication de l’anthologie Paroles bugistes, la fine équipe de l’APA – qui s’élargit ! – s’est rapidement enthousiasmée à l’idée de lire en public des extraits de textes que nous aurions choisi, sur une thématique précise.
« Mais je n’ai jamais fait ça, je ne sais pas si j’y arriverai ? »
Un seul désir : donner voix à d’autres. Une seule consigne : projeter sa voix vers les autres (lire lentement, clairement, et se préparer en se « mettant le texte en bouche » avant). Une seule règle : donner le nom de l’auteur et une date (d’écriture).
Je me charge de petits intermèdes entre les lectures afin de situer les textes. Et voici Carole Roche et Christine Moulin qui viennent lire et choisir des extraits à l’APA. Et nous voilà ensuite toutes les trois, à dessiner un chemin entre les époques, les thèmes, les genres, les âges, les lieux. Me voici qui défends la veuve et l’orphelin : « Mais si, il faut absolument les lire, ceux-là… » Nous voilà – presque à chaque texte – confrontées à des émotions variées : les joies et les peines. Les aventures, les empêchements. Les injustices, les inégalités, les violences… La volonté, le désir de liberté. L’amour fou, l’amour filial, l’amitié fidèle, le deuil… Tout est là.

Nous avons commencé par les immigrés italiens du Bugey, en novembre 2024. La salle de la médiathèque d’Ambérieu est pleine, l’émotion palpable, l’écoute intense... Et les voici, les hommes, les femmes, les enfants, le départ, l’arrivée, les métiers, les maisons, les enfants qui naissent et l’école, les voisins, l’hommage au premier arrivé, la dureté de la vie, la fierté et l’humilité, le racisme et la guerre, le regard sur le chemin parcouru, trois générations plus tard. Nous les rencontrons, comme on rencontrerait de nouveaux amis. Nous avons convié les auteurs ou les déposants, certains sont venus en famille. Très peu de questions après la lecture : les textes ont tout dit. Mais beaucoup de « Mercis » : merci de leur avoir donné la parole.

En 2025, nous avons lu en janvier à Hauteville un choix de textes sur le Haut-Bugey mettant en scène le premier remonte-pente, la vie en sanatorium ou les grandes familles lyonnaises. Puis nous avons choisi le thème des « Vies paysannes » en novembre. Là, on s’est enhardi à des accessoires, des déplacements, des citations littéraires (Victor Hugo, Charles Juliet) qui viennent répondre aux textes de « nos » auteurs. Je remercie les lecteurs bénévoles qui font vivre ces « Voix de l’APA » : Carole Roche et Christine Moulin, Michel Vannet, Hélène Bajon, Jean-Pierre Gayral, nos stagiaires de 3e et 2nde, Camille et Gaëtane, Maryline Mathoul.

Nous invitons les bibliothèques et lieux culturels de l’Ain et d’ailleurs à accueillir une soirée « Les Voix de l’APA ». Elles sont entièrement gratuites. Nous pouvons transmettre les contenus à d’autres bénévoles de l’APA ou d’une bibliothèque, venir travailler avec eux.Merci à la Bibliothèque Départementale de l’Ain qui va relayer ce projet.
Et longue vie aux « Voix de l’APA » !

                                                                                                                     Marion Vallée Carecchio

Sommaire

ÉDITORIAL
Les Voix de l’APA    3
OUVERTURE Page blanche Marianne Massin : Perte et (re) construction biographique par la pratique photographique    4 L’événement E. Legros Chapuis : Présence de Colette    7

DOSSIER : LA NUIT
Introduction    11
Vivre sa nuit Gérald Cahen : Le dernier voyage de ma grand-mère    12
Isabelle Valeyre : Je n’aime pas la nuit    14
Pierre Kobel : La nuit c’est l’éternité    15
Dormir… ou pas ? Philippe Lejeune : Va voir là-bas si j’y suis    16
Sylvie Jouanny : Mes insomnies ou l’histoire d’une veilleuse de nuit    18
Jean-Marie Bretagne : Petite musique d’ennui    21
Michèle Cohen : La fonction Sleep    23
Sylvie Jouanny : L’écriture de la nuit    24
Les mots de la nuit Emmanuelle Tabet : « Les yeux infinis que la Nuit porte en nous » : la nuit des diaristes    26
Catherine Merlin : Promenade dans un dictionnaire    28
Sonia Goldie : Les fantômes de la nuit    30
E. Legros Chapuis : Restif de la Bretonne, un grand observateur de la vie nocturne    33
La nuit dans les arts Paulette Choné : L’armée des nuits    35
Juliette Monnier : Quand le cinéma se raconte    37
Denis Dabbadie : Les nuits de Marmottan    38
Finale Sylvie Azéma Prolonge : Élucidation nocturne    40
Pierre Kobel : Playlist musicale de la nuit    41

FONDS APA
Une affaire de famille : les journaux d’Anne-Marie Didier-Kleine, présentés par Bernard Massip    42
Registre des entrées    53

CHRONIQUES Annie Vénard : Régine Detambel, Écrire juste pour soi    56
Gérald Cahen : Correspondance de François et Claude Mauriac    58
E. Legros Chapuis : Emmanuel Carrère, Kolkhoze    60
Bernard Massip : Laurent Mauvignier, La maison vide    62 I
sabelle Valeyre : Sorj Chalandon, Le livre de Kells    63
E. Legros Chapuis : Gilles Maurice, Les Couleurs du noir    65
Martin Jacquemard : Michel Braud et Alvaro Luque Amo, Le Journal littéraire    66
Martin Jacquemard : Gershom Sholem, Quitter Berlin    68
Bernard Massip : Emma Becker, Le mal joli    69
Pierre Kobel : David Dufresne, Remember Fessenheim    70
Le Prix Clarens du Journal intime 2025    71
Catherine Merlin : Emmanuelle Tabet, Caresser le monde    72
Denis Dabbadie : Chapeau bas, Szapocznikow A. !    73

VIE DE L’ASSOCIATION
Chantal de Schoulepnikoff : Les journaux de deux femmes remarquables (compte rendu de la Matinée du journal du 6 décembre)    74
Bernard Massip : Ambérieu et (le) moi, un atelier d’écriture et sa joyeuse restitution    76
Denis Dabbadie : Babeth s’en va… et reste avec nous    77
Prochaines manifestations APA : Table ronde de mars 2026 : Le Je des historiennes et historiens    78
Journées de l’Autobiographie, septembre 2026    79
Devenir bénévole à l’APA    79
Publications APA    80

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